L’inflation qui touche le football européen depuis plusieurs saisons atteint un nouveau palier en 2025-2026. Des salaires des joueurs aux prix des billets, en passant par les transferts ou les produits dérivés, l’ensemble des coûts explose, renforçant les écarts entre clubs, et entre supporters.
Le salaire moyen d’un joueur titulaire dans les cinq grands championnats s’élève désormais à 4,5 millions d’euros bruts annuels, en hausse de 12 % par rapport à la saison dernière. En Premier League, cette moyenne dépasse les 6 millions d’euros, avec Manchester City, Arsenal et Chelsea parmi les plus dépensiers. Côté transfert, la dépense moyenne pour un joueur de onze de départ en Ligue des champions atteint 32,1 millions d’euros cet été, contre 28,3 millions en 2024. Les postes offensifs concentrent 46 % des investissements, un record depuis 2018. Rafael Leão, prolongé jusqu’en 2028 avec l’AC Milan, reste ainsi valorisé à plus de 90 millions d’euros selon Transfermarkt, malgré une saison 2024-2025 à 10 buts et 7 passes décisives.

Les supporters aussi paient plus cher. Le prix moyen d’un billet grand public en tribune latérale dans les dix plus grands stades d’Europe a progressé de 14 % en un an, atteignant 74 euros. À Madrid, un Real Sociedad – Real Madrid se vend désormais entre 80 et 115 euros hors hospitalités. Le prix des maillots suit la même courbe : un modèle adulte domicile coûte 104,90 euros en moyenne cette saison, contre 95,30 euros en 2023-2024. Une hausse continue qui s’accompagne d’une baisse de la part des moins de 25 ans dans les achats en boutique club.
« Le danger, c’est de déconnecter le produit football de sa base populaire », a prévenu Javier Tebas, président de la Liga, en juin dernier. Si les revenus commerciaux et les droits internationaux justifient en partie ces hausses, la tension sociale s’installe peu à peu autour des clubs historiques. La saison 2025-2026 pourrait bien être un tournant dans la relation entre football d’élite et public traditionnel.

